Presentation sur le stand de Safari Evasion
2 heureux chasseurs ont récoltés 2 lions magnifiques sur le territoire
Un soir de novembre rentrant d’une battue au sanglier qui n’avait pas été à la hauteur de nos espérances, mon ami Philippe voulant éviter de ressasser nos déceptions me dit « Alain tu n’irais pas chasser le buffle en Afrique ? ». Un désir enfoui dans ma mémoire qui restait à l’état de rêve se réveilla à cet instant, le oui fut immédiat. Les choses allèrent très vite, le soir même sur internet des offres alléchantes ne demandaient qu’à concrétiser nos désirs. Deux jours pour faire le tour du dossier et prendre quelques contacts et notre choix se fixe sur une initiation à la chasse au gros gibier sur six jours au camp d’Arly au Burkina Faso, dirigé par Noufou Campaoré et Yves Mougnard. Cette première expérience fut pour nous une révélation : le pistage, l’approche des animaux, une expérience inoubliable. Les conditions de vie au camp étaient des plus agréables : piscine, bar accueillant, une cuisine de qualité où le gibier est omni présent. Tout est fait pour rendre le séjour agréable. La journée type lever 5h -5h30 , départ pour la grande chasse, arrivée sur les lieux vers 6h chasse jusqu'à 10 – 11h. Après un frugal repas et une sieste réparatrice retour à la chasse jusqu’a 18h , détente le soir avec les autres équipes de chasseurs. Bilan de la chasse ; un Hippotrague, un Guib Harnaché et un Cob de Buffon, pas de Buffle mais lors de la commande, on nous avait prévenus le séjour se situant en fin de saison, la chose serait difficile ; il s’agit dans cette région du Buffle de savane (nanus savenessis).
De retour en France un seul point restait en suspens : le Buffle. Que faire ? Revenir l’année suivante ? Très vite nous passions commande pour début janvier, cette fois pour un séjour de neuf jours de chasse.
Le quatre janvier de cette année, nous étions de retour au camp d’Arly. Nous avons reçu un accueil festif comme si nous étions des amis et avec cette atmosphère, ces odeurs, ces couleurs, en deux mots l’Afrique !
Premier jour après avoir ciblé nos carabines, départ six heures pour la brousse, la zone de chasse se trouve très prés du camp sur 50 000 ha jouxtant la réserve d’Arly sur 35 km. Le biotope : de la brousse avec une végétation plus ou moins dense, des pailles, des brûlés pour favoriser la régénération, là on trouve de jeunes pousses très prisées des Buffles. Sur la piste, le guide Soumaïla et le pisteur Goblet sont aux aguets. Dés que des traces sont aperçues on s’arrête : le pistage commence… Trois heures, quatre heures à suivre les traces, éprouvant, fatiguant avec une température entre 35 et 40 degrés. Passant par des moments de découragement, me demandant même parfois si l’on ne me promenait pas. Je suis obligé de me rendre à l’évidence lorsque l’on trouve des bouses encore toutes chaudes et que le guide me dit « on les trouvera dans une demie heure ». La science du guide et du pisteur m’épate. Leur maîtrise du pistage est absolument incroyable. Par moment l’empreinte du sabot est bien marquée, c’est parfois un feuille déplacée, une petite herbe coupée qui prouvent le passage des animaux. J’arrive à croire que même sur une route goudronnée, ils seraient capables de voir des traces ! Pour en revenir à ce premier jour, nous avons pisté une trentaine de bêtes durant quatre heures pour voir à la fin que le troupeau avait regagné la réserve. Exténuant mais c’est de la grande chasse ! Il fallut attendre le quatrième jour pour un premier résultat : Philippe pista une douzaine de bêtes pendant plus de quatre heures et une approche d’une heure pour vivre ce moment tant attendu. Une montée d’adrénaline phénoménale ou la carabine posée sur le trépied il faut placer sa balle au défaut de l’épaule. Le coup part, à l’impact le Buffle marque le coup. Le reste du troupeau reprend sa course. Après une cinquantaine de mètres, la bête s’arrête, une approche vigilante et le coup de grâce. C’est à ce moment que l’on réalise…
Quant à moi, le deuxième jour j’ai à portée de tir un magnifique Cob de Fassa, un trophée de plus de soixante dix cm. Soumaïla m’interroge, je ne tire pas ne voulant pas perdre une opportunité sur le Buffle. A posteriori, je ne pense pas avoir pris la bonne décision je ne retrouverai plus de telles conditions. Le troisième jour, nous pistons un groupe d’une trentaine de bêtes. Après plusieurs heures me voilà enfin en position de tir, le doigt sur la queue de détente avec une fenêtre de quelques mètres. Mon guide derrière m’annonçant : « femelle, petit, femelle, femelle »…cela sans varier, la dernière femelle ! Pas de chance, le troupeau ne comptait aucun mâle.
Quatrième jour un solitaire accompagné de son page traverse la piste juste avant notre passage ; c’est reparti pour un pistage de plus de trois heures dans les pailles pour terminer
par un échec ; les traces se recoupent, les bêtes tournent en rond pour nous perdre dans notre poursuite.Plus les jours avancent, plus la tension est grande. Le cinquième jour, un troupeau de plus de quatre-vingt Buffles ; pistage plusieurs approches mais jamais une opportunité de tir, les femelles encerclant les mâles pour les protéger.
Sixième jour, un groupe d’une dizaine de mâles, mais bien vite il faut se rendre à l’évidence ils ont regagné la réserve. Malgré la très forte densité d’animaux sur le territoire, le découragement me gagne de plus en plus.
Septième jour, mon guide décide de retourner à la mare aux hippos où la veille nous avions trouvé les traces : rien …Poursuivant notre route, nous apercevons un nuage de poussière, et sur place les traces d’une dizaine de bêtes. Le pistage commence. En moins d’une heure, on retrouve le troupeau qui se déplaçe au pas en mangeant. Une approche à quatre-vingt mètres, le trépied est dressé. Mon guide me dit « attends le plus gros c’est le troisième ». Quelques secondes passent, la bête se présente, la croix de ma lunette au défaut de l’épaule « clic » ayant levé ma culasse par sécurité pour l’approche. La rabaissant vite, je tire la bête suivante, un très beau spécimen. Sur le coup, il se cabre. Le troupeau se met à courir, la bête tirée se désolidarise et fait demi-tour vingt mètres plus loin, arrêtée debout c’est la fin. Deux balles pour terminer et le Buffle s’écroule.
C’est alors l’explosion de joie, le guide le pisteur me sautent au cou. Leur joie n’est pas déguisée. C’est l’aboutissement d’une recherche acharnée, des heures et des heures de pistage et pour moi l’accomplissement d’un rêve, j’en ai encore le frisson !
Le séjour se termina deux jours après. Philippe eut le plaisir de tirer un Bubale et un Cob de Redunca ( ou Cob des Roseaux) et pour ma part un Cob de Buffon, cerise sur le gâteau !
C’est la réalisation d’un rêve, maintenant je continue à rêver au deuxième Buffle…